mardi 9 mai 2017

Mise à jour et déménagement.

Tout d'abord, merci à vous tous pour m'avoir suivi dans la publication du résumé détaillé de ce roman en projet, Les Dragons Stochastiques.

Celle-ci est maintenant terminé, et je me suis attelé à la rédaction proprement dite.

J'ai longtemps hésité quant à la plateforme idéale où publier les chapitres, jusqu'à tomber sur Wattpad, qui correspond pleinement à ce que je cherchais.

En conséquence, il vous est désormais possible de suivre la publication des Dragons Stochastiques ici.

mardi 18 avril 2017

Les Dragons Stochastiques : le Retour.

Lien vers la partie précédente : La Décharge du Paradis.

Le retour


Le renard suivant des yeux la nuée d'oiseaux sauvages s'envolant du désert. 

Les héros se rendent donc dans cette communauté. Ils ont droit à un baptême de l'air à condition de se faire tatouer un dessin à l'encre invisible (sauf aux UV) sur l'aine ("L'essentiel est invisible pour les yeux"). Alors qu'ils sont assis sur des chaises de dentistes, les mains jointes, le tatoueur s'absente un moment.

Pendant ce temps, Aurore et Hugo se regardent. Hugo prends le crayon électrique, trace une ligne sur leurs phalanges jointes. Ils savent en effet tout deux que c'est nécessaire, de se marquer ainsi dans leur chair, après tout ce qu'ils ont vécus.

Ils disent aux résidents de cette communauté qu'ils veulent retourner sur Paris. Ces derniers acceptent, à condition de payer le carburant supplémentaire, et pour cela Hugo utilise le numéro de compte que lui a donné Alba avant leur départ en mission.

Le voyage du retour, au-dessus des paysages de la France, dure trois heures et demie. Aurore pense revoir les communautés qu'ils ont explorés, mais les seules qu'elle distingue sont le Scarabée sur la Fontaine, à proximité de Clermont-Ferrand et plus tard la forêt comestible près de L'escargot bleu.

Retour à la Fourmi. 

Une fois arrivé à La Fourmi, ils sont un peu déçus de voir que presque personne ne s'étonne de leur arrivée. Ils vont voir le groupe Energie et progrès, font leur compte-rendu à Hélène (qui n'a pas beaucoup dormi pendant tout ce temps) et Arthuro.

Enfin, leur mission accompli, Hugo va voir sa boite aux lettres, y trouve un lettre du tribunal : les contacts de Arthuro ont fait du bon travail. Le sourire d'Aurore se fige. Ils ne disent rien, gênés.

Sans ouvrir la lettre, ils se dirigent ensemble vers la forge, pour rencontrer Marc.

vendredi 14 avril 2017

Les Dragons Stochastiques : la Décharge du Paradis.

Lien vers la partie précédente : Le Panda sans Adjectif.

La Décharge du Paradis

Les résidents de cette communauté sont pratiquement en permanence sous l’effet de drogues psychédéliques et se nourrissent d'insectes qui pullulent à la surface du lac proche.

Les chefs de La Décharge attendent les héros. Il s'agit d'un homme et d'une femme assez jeunes, Caïn, un genre de geek gothique old-school, maigre aux dents couvertes de tartre, et Déborah, une très belle femme, qui porte un masque semblant fait de diamant. Ils les accueillent dans la salle en ruine abritant le Tokomak, reste du projet ITER.

Caïn et Déborah (qui se font appeler les Seigneurs de l'Abyme) ont fait prisonnier Josselin lorsqu’ils ont compris l'intérêt de son invention. Jusqu'à présent il a refusé de créer un prototype, leur promettant qu'il arrivera en même temps qu'Aurore et Hugo. Et c'est le cas : la contremarque utilisée dans les postes, qu'Hugo transportait pendant tout ce temps dans son sac et qu'il avait pensé être un gros livre, était en fait le Générateur à fusion froide.

Les Seigneurs de l’Abymes semblent déçus par la taille du Générateur, trop grande à leurs yeux, alors que c'est une simple éprouvette contenant de l'eau et du graphite pulvérisé, dans laquelle plongent six tiges de métal reliés à un microprocesseur.

Malgré leur arrogance, ils savent qu’ils n'ont pas l'expertise suffisante pour tester le Générateur et être sûr que ce n'est pas une supercherie. Ils demandent donc à Hugo de jouer son protocole de test comme il aurait dû le faire initialement.

Celui-ci refuse : il n'a pas l'intention de livrer le Générateur à des fous dont il ne connaît pas les intentions.

Sarah menace de tuer Aurore, mais Caïn dit que c'est une méthode vulgaire, et de surcroît si elle le fait la haine d’Hugo la poursuivra jusqu'au-delà de la mort.

Caïn explique que si le Générateur n'est pas une supercherie, elle finira tôt ou tard par se répandre. Tout ce qu'ils veulent, c'est simplement être les premiers à l'utiliser.

Hugo refuse toujours : il sent bien que les résidents de la Décharge, un ramassis de psychopathes drogués, en feront un mauvais usage. Caïn dit que ce n'est pas grave, et qu'ils ont tous leurs temps.

Hugo et Aurore sont enfermés avec Josselin, discutent de ses motivations : il se considère comme un patriote, et voulait donner le Générateur à la France. Mais ses nombreux appels étaient restés lettres mortes, et c'est pourquoi il avait conçu ce plan alambiqué : prétendre diffuser cette invention à un groupe de travail d'une communauté, en leur disant de rester discret. Or, la transparence est une des vertus cardinales de la Fédération, et rien n'attire plus l'attention des RG qu'un secret de leur part. Josselin n'a jamais eu l'intention de donner le Générateur au peuple. Une fois prisonnier des Seigneurs de l'Abymes, il s'est fait une raison : si les résidents de la Décharges l'utilisent (certainement pour en faire des armes), l'armée française interviendra peut-être, confisquera le Générateur (après avoir eu la preuve qu'il fonctionne), et mettra les Seigneur de l'Abyme hors d'état de nuire.

Hugo, toujours sceptique au sujet de l'invention, pense que c'est un plan risqué. Josselin n'en voit malheureusement pas d'autres.

Le lendemain, les Seigneurs de l'Abyme révèlent qu'ils ont déchiffrés le journal intime d'Aurore, qu'elle avait dans son sac, où elle écrit tous ses rêves, ses désirs et ses espoirs. Ils la menacent d'en révéler le contenu si elle n'arrive pas à convaincre Hugo de procéder au test.

Aurore refuse tout d'abord, avant que Déborah ne donne un exemple tiré son journal : depuis le début, les pilules antidouleurs qu'elle fournit à Hugo ne sont qu'un placebo. Aurore se sent couverte de honte, mais Hugo hurle de rire en entendant cela. Elle tente de se justifier en disant que ce n'était pas un placebo, puisque les pilules ne contenaient peut-être pas de produits issus des dernières avancées médicales, mais des huiles essentielles et de l'homéopathie. Hugo lui dit que ce n'est pas grave. Sarah, parcourant les pages décodées du journal, menace de révéler des choses encore plus gênantes. Hugo accepte alors de procéder au test, en faisant attention à la moindre fraude.

Josselin explique que le Générateur permet la fusion du carbone, à condition de sélectionner avec soin les fréquences, qu'il a découvert presque par hasard. Les six générateurs sont reliés à un clavier numérique et un lecteur d'empreinte digitale, qu'il utiliser pour faire démarrer le Générateur.

Hugo peut commencer le test : après avoir coupé le courant électrique qui amorçait la fusion, le Générateur produit assez de courant pour alimenter un four électrique. Hugo l'utilise pour faire fondre un morceau de métal, puis deux, puis trois... jusqu'à la tombée de la nuit. Il doit se rendre à l'évidence : cette machine n'est pas une supercherie.

Hugo prend conscience qu'il n'a jamais sérieusement réfléchit aux conséquences de cette invention, parce qu'il n'y croyait pas. Une énergie presque infinie, et presque gratuite, ressemblerait au pétrole bon marché d'avant la Crise. Donc, le retour du consumérisme, des disparités gigantesques entre les hommes, d'une vie en quelque sorte vide. Il arrive à la conclusion qu'il faut détruire cette invention et tuer Josselin.

La nuit, Hugo réveille Aurore, lui fait part de ses conclusions.

Aurore, sorti d'un rêve durant lequel elle combattait un dragon de feu, le convainc de ne rien en faire : après tout, si tout le monde dispose de cette énergie, quelle serait l'intérêt de se faire la guerre ? Même si elle n'en est pas complètement convaincue, elle pense que cela augmentera la liberté de l'être humain, et qu'il ne retombera pas dans les travers et les errances d'avant la Crise.

Elle va même jusqu'à appuyer ses dires : les résidents de l'Escargot, la communauté agraire, n'utilisera pas le Générateur pour faire de l'agriculture intensive puisque ce qui les intéressent, c'est aussi de faire vivre les sols. Ceux de l'Eléphant non plus, puisqu'ils ont des idées bien arrêtées sur le cycle qu'ils ont développé. Ceux du Scarabée sur la Fontaine créeront peut-être des méthodes d'immortalité moins chères si ça leur chante, mais les gens seront toujours aussi peu nombreux à l'acheter. Ce qui intéresse l'Axolotl, ce sont les manipulations génétiques, et ils n'ont pas besoins d'énergie pour cela. Les nomades de l'Hippocampe ? Si les Générateurs se généralisent, ils vendront d'autant plus cher le cuivre. Urbex 31 pourront peut-être bénéficier de détecteurs plus élaborés, mais ne s'arrêteront pas d'explorer les vestiges du passé, etc.

Pour appuyer ses dires, elle est prête à abandonner son Ethos nouvellement trouvé au profit d'un autre : enjoindre les hommes à utiliser le Générateur avec modération, par exemple en n'utilisant comme source de carbone que du charbon de bois (qui a donc été touché par le soleil), et non celui qui est resté trop longtemps dans la terre, et qui s'est chargé d'une énergie noire.

Hugo est convaincu sur le principe, mais cette discussion est stérile : ceux qui veulent l'utiliser en premier (et qui auront donc un avantage) sont une bande de psychopathes. De plus, ils ne peuvent sortir de la Décharge, et ils peuvent se faire tuer à tout moment.

Donc, il faut tout de même tuer l'inventeur... ou alors, trouver un moyen de sortir de la Décharge, et convaincre Josselin de leur donner les plans du Générateur.

Hugo demande à Aurore ce qu'elle propose pour sortir de la Décharge. Elle se souvient qu'elle possède encore le numéro de téléphone que lui a donné l'agent des RG dans l'Eléphant, mais toute communication avec l'extérieur de la Décharge est impossible. Hugo trouve pourtant une solution : utiliser le Générateur pour envoyer un signal de détresse.

Le lendemain, Hugo dit à Josselin qu'il connaît un moyen de sortir de La Décharge, s'il lui promet de lui donner les plans du Générateur.

Josselin refuse. Il a toujours considéré que le mieux à faire était de donner le Générateur à la France, qui l'exploiterait dans des conteneurs scellés, inviolables - ce qui ne tiendra pas longtemps, et alors d'autres nations, certaines plus dictatoriales que la France, l'utiliseront à mauvais escient.

Tandis que si ce sont les communautés qui diffusent cette invention (la moitié de la France, quand même), cela ne fera qu'augmenter la liberté de tout le monde, et Josselin peut comprendre cela.

Josselin hésite. Il accepte, lui promet de lui donner les plans une fois qu'ils seront sortis.

Hugo révèle alors son plan : il veut utiliser le Générateur pour envoyer un signal de détresse. Ainsi, la puissance du signal, à cette époque où les ondes radios similaires à celles des anciens téléphones portables sont interdites pour des raisons environnementales et de santé, sera de facto une preuve de la réalité de l'invention.

Le plan est mis à exécution le lendemain sous prétexte de faire encore quelques tests, en utilisant du charbon de bois et non du graphite.

Pendant ce temps les Seigneurs de l'Abyme mettent des connecteurs sur l'invention pour connaître les fréquences nécessaires. Il devient évident qu'ils tueront Josselin et les héros une fois qu'ils auront cette information.

Au lieu d'utiliser un four, ils procèdent à une autre expérience : faire chauffer l'eau qui se trouve dans le Tokomak (il a été transformé en réservoir). Le Générateur transforme donc ce dernier en antenne géante, qu'ils utilisent pour envoyer (en code morse) le numéro de téléphone de l’agent des RG rencontrés à l’Elephant et un plan sommaire du Générateur, sur une fréquence réservée de l'armée.

Au bout d'un moment un des hommes de main signale qu'un drone survole la Décharge du Paradis, ce qui est rare. Caïn comprends alors qu'ils ont signalés leur position, demande à Josselin s'il pensait qu'un plan pareil avait la moindre chance d'aboutir.

Caïn et Sarah se préparent à s'enfuir avec Josselin, ordonnent à leur homme de main de se débarrasser de Aurore et Hugo.

Hugo essaie de convaincre l'homme de main de partir comme ses patrons, parce que dans un moment cet endroit va grouiller de militaires. Il ne se laisse pas convaincre.

Sur le toit du Tokomak, les héros sont prêts à être exécuté. Hugo a une dernière volonté : mourir avec son masque sur le visage, d'une balle dans le coeur, et non dans la nuque. L'homme accepte, tire dans le torse d’Hugo. Aurore comprend qu'il s'agit d'une ruse de sa part, puisqu'il a encore son corset orthopédique, mais il n'y a aucune chance que ce dernier arrête les balles, et elle le voit s'écrouler, mort, à côté d'elle.

L'homme de main s'avance ensuite vers elle, pose le canon de son arme sur sa nuque, tandis qu'elle voit une boule orange chuter du drone. Pensant sans regret à tout ce qu'elle a vécu, elle perd conscience.

Elle se réveille quelques instants plus tard, le visage d’Hugo au-dessus d'elle. Ce dernier lui explique ce qui s'est passé : la boule orange envoyée par le drone était une bombe neurodisruptive provoquant l'évanouissement de toutes les personnes exposées - sauf Hugo, que son masque a protégé.

Techniquement, elle est morte pendant deux secondes. Leur geôlier n'est plus sur le toit du Tokomak. Hugo affirme qu'il est tombé.

L'explosion a provoqué un incendie dans les forêts environnantes.

Pour défaire leurs liens, Hugo utilise le pendentif que Marc a offert à Aurore. Une fois libéré ils voient, au loin, les Seigneurs de l'Abyme sur le point de s'enfuir dans une jeep.

Les héros échappent à l'incendie en se cachant dans le lac à proximité, mais des véhicules de l'armée les retrouvent.

Les héros prétendent qu'ils ne font que passer, disent qu'ils ont vu sortir de la Décharge du Paradis un homme et une femme, au bord d'une jeep. L'agent des RG de l'Eléphant les voit, dit que ce n'est pas ceux qu'ils cherchent. Ils sont tous de même interrogés. Quelqu'un arrive alors pour dire à l'interrogateur qu'un drone d'observation a vu une jeep avec un homme et une femme.

Une fois relâchés et sachant que les militaires se rendront vite compte de leur erreurs et placeront des barrages sur toutes les routes, ils récapitulent la situation : les Seigneurs de l'Abyme ont disparus avec Josselin. L'armée française est à leur trousse, et ils sont hors course, n'ayant rien récolté.

Certes, il leur reste les plans de l'invention, assez détaillé puisqu’Hugo l'a examiné sous toutes les coutures, mais pas les gammes de fréquences utilisées, et Josselin n'a pas eu le temps de les leurs confier.

Aurore se souvient alors que Josselin a sous-entendu qu'ils avaient déjà cette information, que tout ce qu'ils ont besoin se trouve dans les enregistrements des visioconférences avec Hélène. "Vous l'avez vu, nue comme la vérité, mais vous n'avez pas su voir".

Hugo pensait à un message chiffré dont Josselin n'aurait pas eu le temps de lui donner la clé. Aurore suggère que c'était peut-être un dessin... Dans une illumination, ils comprennent soudain : Aurore lui avait dit que le triskel tatoué sur le coeur de Josselin paraissait bizarre. Un triskel - trois spirales, entremêlées, entouré de trois cercles. Comme les générateurs d'ondes électromagnétiques, dans le Générateur.

Les entrelacs correspondent donc aux harmoniques de fréquences produites par chacun des générateurs.

Sachant que soit les Seigneurs de l'Abymes utiliseront cette invention, soit elle sera nationalisée et contrôlée par l'état, ils décident de la diffuser au plus vite, et la Fédération est la plus apte à cela.

Hélène est la plus à même de réaliser un prototype à partir de ce qu'ils ont découvert, mais il est douteux qu'ils réussissent à revenir sur Paris par le train ou les routes sans se faire arrêter.

Cependant, il y a à proximité de la Décharge une communauté nommée Le renard suivant des yeux la nuée d'oiseaux sauvages s'envolant du désert, ayant investi un ancien aérodrome. Au lieu d'avions, (illégaux et dangereux depuis que les hautes couches de l'atmosphère sont saturée en plutonium issus d'incidents nucléaires), ils utilisent des parapentes ultralégers alimentés à alcool.

Suite : Le Retour.

vendredi 7 avril 2017

Les Dragons Stochastiques : le Panda sans Adjectif

Lien vers la partie précédente : Oxydant vaincra.


Le panda sans adjectif (au début on avait pensé à "Le panda tout court" mais des gens l'appelait Le Panda tout court (sans rien derrière, pas "Le panda tout court") alors on a préféré l'appeler comme ça)


La mort dans l'âme, les héros se retrouvent dans une gare routière, envisagent les différentes possibilités qui s'offrent à eux : appeler La Fourmi pour obtenir un nouveau trajet, mais ils risquent de se faire découvrir par les RG (ils avaient gardés le silence radio depuis l'Eléphant), revenir à la Fourmi, et dire que la mission a échoué et reprendre le cours de leur vie. Ou bien faire confiance au hasard. Dans une gare routière, Aurore tire les cartes, mais cela ne leur est d'aucun secours.

Puisqu'ils sont dans la région, ils décident d'en profiter avant de rentrer : Aurore n'a jamais vu la mer Méditerranée, et dans le cadre de son projet de collecte du plastique dans l'océan, Hugo a entendu parler d'une communauté ayant conçu des nettoyeurs de plages très prometteurs.

Ils se rendent sur la plage à proximité de cette communauté, admirent le coucher du soleil sous un ciel d'orage, tandis que des sortes d'animaux mécaniques ratissent le sable pour en extraire le plastique.

Il se met à pleuvoir. Ils s'abritent sous un abribus. "Au moins, on aura passé de belles vacances, non ?", demande Hugo à Aurore. Elle ne répond pas, perdue dans ses pensées. Comme en transe, elle se lève, marche sous la pluie, parle de tout ce qu'elle a vu durant ce voyage, de toute cette beauté, chaque communauté si différente que c'est comme parcourir d'innombrables mondes. Elle dit qu'elle sait enfin ce qu'elle veut : parcourir les communautés pour les décrire, les aimer, leur apprendre à se comprendre mutuellement. Elle a trouvé son Ethos.

Hugo est fier d'elle, l'enlace, comme un père enlacerait sa fille, se disant que tout compte fait le résultat du test de paternité n'a plus aucune importance, et se prend à rêver : il pourrait l'accompagner pour se perdre dans ce labyrinthe exquis, pendant de longues années jusqu'à sa mort, ou jusqu'à ce qu'elle s'arrête, à moins qu'ils ne créent leur propre communauté de nomade (Le Meerkat sous le Thuyia) - lorsque son regard tombe sur le plan de la région, sur l'abribus. "Je sais où se trouve Josselin", dit-il.

En effet, la première carte qu'Aurore avait tirée dans la gare routière était le Bateleur, qui représente un apprenti au début de son parcours. Or, le premier emploi de Josselin était sur le projet ITER, situé à Cadarache. Il est donc très probable qu'il soit revenu figurativement à son point de départ. Mais depuis l'accident sur ce site, qui a mis un terme aux espoirs de fusion nucléaire "chaude", c'est devenu une zone radioactive, investie par une communauté nommée La  Décharge du Paradis. La pire de toute : il est dit que lorsqu'on y entre, il est rare de pouvoir en ressortir vivant. D'ailleurs, seuls y vont les gens qui se sont fait bannir de toutes les autres communautés. Il s'agit donc de l'endroit le plus dangereux où ils auraient à pénétrer. Mais ils sont tous les deux décidés à y aller.

Ils décident de passer la nuit dans la communauté proche, Le panda sans adjectif (au début on avait pensé à "Le panda tout court" mais des gens l'appelait Le Panda tout court (sans rien derrière, pas "Le panda tout court") alors on a préféré l'appeler comme ça).

Cette communauté cultive le bambou, l'utilise à la place du métal pour leurs inventions, ce qu’Hugo trouve absurde. Les résidents rétorquent que l'avantage n'est pas technique, mais social : utiliser du métal, cela veut dire être dépendant d'une fonderie et d'infrastructures lourdes qu'ils ne maîtrisent pas, alors que le bambou pousse partout.

Hugo se renseigne pour savoir à quoi ressemble La Décharge du Paradis. Lorsque les résidents du Panda comprennent qu'ils ont l'intention d'y aller, ils tentent de les dissuader par tous les moyens, leur expliquant que là-bas sont organisés des compétitions de roulettes russes, qu'il y a de la drogue dure et des combats à mort, etc.

La nuit dans une tente, les héros discutent pour savoir s'ils vont vraiment y aller. Ils arrivent à la conclusion qu'ils doivent le faire, puisqu'ils se sont engagés à tout faire pour accomplir cette mission.

Ils se lèvent le lendemain très tôt pour faire le trajet à pied, silencieusement, jusqu'à la porte de La Décharge du Paradis.

Suite : La Décharge du Paradis.

mercredi 5 avril 2017

Les dragons stochastiques : Oxydant vaincra

Lien vers la partie précédente : Rayon de soleil pourpre du crépuscule entre les branches dénudées par l'hiver précoce

10 - Oxydant vaincra.

Il s'agit d'une communauté de néonationalistes (alors que l'idée de nation telle que définie au XXème siècle a vécu), monarchiste, adeptes des anciennes religions monothéistes.

Tandis qu'un pick-up arrive sur la place poussiéreuse avec à l'arrière un cadavre de cerf, Hugo et Aurore conviennent de passer un minimum de temps dans cette communauté, se dirigent le plus vite possible vers la poste. Là, une surprise de taille les attend : l'étape suivante correspond à cette même communauté, ce qui signifie qu'ils sont théoriquement arrivés à destination.

Pourtant, ils ne voient pas Josselin. Sur la place, un homme commence à dépecer le cerf. Malgré son dégoût, Aurore constate que ses gestes sont empreints de respect, presque religieux.

Le chef de la communauté reçoit les héros. Il leur demande s'ils cherchent quelqu'un, et s'ils ont été suivit. Après qu'ils aient donné des réponses qui le satisfont, le chef leur dit que Josselin était effectivement ici il y a quelques semaines, mais qu'il est ensuite parti. Et comme il n'avait pas totalement confiance dans le service du courrier de la Fédération, il leur a laissé sa localisation dans une enveloppe scellée, avec instruction de ne la donner à ceux qui le cherchent que s'ils réussissent deux épreuves : pour Hugo, gagner au combat au couteau contre leur champion (Hector), et pour Aurore, mettre à mort un animal durant une chasse.

Hugo fulmine contre Josselin. Finalement, les héros sont d'accord pour se soumettre à ces épreuves, bien qu'Aurore ne sait absolument pas ce qu'elle fera à l'instant fatidique : sa mission mérite-t-elle le sacrifice d'un être vivant ?

Hugo commence - un combat à l'aide couteaux factices, et malgré son infirmité gagne le combat en moins d'une seconde en marchant sur les pieds de son adversaire pour le faire tomber, ce qui est un mouvement sans honneur. Hugo rétorque que dans un combat à mort, il n'y a pas d'honneur qui tienne.

Durant la soirée a lieu une assemblée générale. Le bâton de parole utilisé par les résidents est un antique revolver chargé (pour ne jamais oublier que celui qui prend la parole a le droit d'exprimer toute opinion... mais qu'il doit aussi en assumer les conséquences). La principale question est de savoir si la victoire d’Hugo est valide. Finalement, il est décidé par consensus qu'il mérite la victoire, ce qui provoque la colère d’Hector.

Plus tard ils font la fête en buvant du cidre à huit degré et en pogotant sur de la techno-yiddish, du metal industriel allemand et de la taqwacore (punk islamique). Aurore discute avec les membres de la communauté pour comprendre leur point de vue : à une époque où tout le monde a tellement peur de revenir à la Crise que plus personne ne fait la guerre, il faut bien entretenir des attitudes viriles, sans quoi la société devient mollassonne, et lorsque les Envahisseurs (des Pays du Sud, du Nord, ou d'autres planètes) débarquent, ça ressemble aux Invasions Viking. Aurore leur reproche de pratiquer le culte de la violence. L'homme avec lequel elle discute n'est pas d'accord : la violence fait partie de la vie et en fera toujours parti, et c'est pourquoi il faut la cultiver - comme on cultive un jardin, en enlevant les mauvaises herbes - et donc la rendre utile, la canaliser pour qu'elle n'atteigne que les cibles qui le méritent, c'est-à-dire les puissants et les manipulateurs, et non les faibles et les opprimés.

La soirée se poursuit avec un concours de haïkus guerriers. Aurore, pensant au cerf tué dans l'après-midi, se lève pour en déclamer un haïku, émouvant, parlant plus des souffrances des victimes que de la bravoure au champ de bataille. Contrairement à ce que craignait Hugo, elle ne se fait pas huer, et au contraire le silence se fait, qui ne dure pas puisqu'un homme prend rapidement sa place au centre de l'assemblée. Mais Hugo sait que même si les résidents n'en sont pas conscients, Aurore a planté une graine dans leur coeur.

Le lendemain a lieu une partie de chasse dans la forêt. Hector et les héros accompagnés de cinq hommes traquent un sanglier de plus de deux cents kilos.

De justesse, ils arrivent à l'abattre d'un coup de fusil dans la face alors qu'il chargeait. Un des hommes tend une dague à Aurore, lui explique comment achever le sanglier couché sur le flanc, lui dit de ne pas s'inquiéter, que c'est dans l'ordre des choses, qu'ils ne font pas cela par haine, mais pour éviter qu'il n'abîme les récoltes.

Aurore se penche vers la bête au souffle puissant, regarde son oeil, hésite longtemps, se disant que même si elle ne le fait pas ce sanglier mourra de toute façon, et qu'à ce point il serait hypocrite de refuser de se salir les mains. Elle enfonce la dague dans l'oreille du sanglier un peu après que sa respiration se soit arrêtée, ce qui fait dire à Hector qu'elle a attendu que son coeur ait cessé de battre pour ne pas avoir sa mort sur la conscience. Et donc, que ces deux étrangers sont des tricheurs et des manipulateurs.

Finalement Hector défit Hugo en combat singulier, avec cette fois de vrais couteaux. L'un des acolytes en tend un à Hugo, et s'il meure, ils prétexteront un accident de chasse.

Hugo lâche son couteau. Il ne veut pas se battre, se retourne, met Hector au défi de le frapper dans le dos. Hector lui donne un coup de pied dans le dos, ce qui fait tomber Hugo, puis le frappe à terre.

Dégoûté par son refus de se battre, il déchire l'enveloppe contenant la localisation de Josselin – un papier très fin, et y met le feu. Puis, il jette les cendres dans un torrent à proximité. C'est assez pour qu’Hugo se relève, furieux. Réjouis, Hector se met en garde. Rapide, Hugo le frappe d'un coup de poing dans le visage. Le combat continue dans la rivière, et là, Hugo plonge Hector dans l'eau, le noyant presque à plusieurs reprises, et lui soutire la promesse de ne plus jamais tuer quiconque, ni animal ni humain.

De retour dans la communauté, ils prétextent un accident de chasse pour justifier le visage tuméfié d'Hector. Hugo révèle la vérité au chef d'Oxydant : leur discours sur la nécessité de cultiver la violence est vain s'ils laissent croître en leur sein un serpent capable de telles abjections. Le chef, conscient de la faute d'Hector, lui demande comment il pourrait se dédouaner. Hugo, dégoûté, lui dit qu'ils n'ont plus rien à faire avec eux.

Lien vers la partie suivante : Le panda sans adjectif.

jeudi 30 mars 2017

Les Dragons Stochastiques : Rayon de soleil pourpre du crépuscule entre les branches dénudées par l'hiver précoce

Lien vers la partie précédente : Urbex 31.

Rayon de soleil pourpre du crépuscule entre les branches dénudées par l'hiver précoce


Cette communauté d'une trentaine de personne est située dans la clairière d'une forêt transformée en potager. Elle est composée de maisons fabriquées à l'aide d'arbres vivants, recourbés pour former des dômes, ce qui horrifie Aurore.

Hugo lui suggère de communiquer en rêve avec ces arbres, pour connaître leur point de vue.

Aurore s'endort dans son lit assez tôt, tandis qu’Hugo lui pose un chaste baiser sur le front. Puis, il discute avec le Patriarche de cette communauté, un exobiologiste spécialisé dans l'étude des signaux intelligents d'origine extraterrestre captés il y a dix ans en provenance de Capella, une planète située à quarante années-lumière de la Terre.

L'analyse des signaux a permis à l'exobiologiste de déterminer que les émetteurs sont des êtres possédant un squelette interne.

La raison pour laquelle il a décidé de quitter l'université est la même qu'Hélène (l'experte en physique nucléaire de La Fourmi) : trop de temps à se battre avec la bureaucratie, ou dans les luttes de pouvoir, et pas assez à se consacrer à la recherche pure. De plus, il ne voulait pas quitter sa femme dont le projet, l'Ethos, était de construire des maisons vivantes, en symbiose avec leurs occupants.

Le Patriache est persuadé que même si cela n'a jamais été dit avec évidence, la découverte de cette source de signal intelligent est ce qui a fait cesser les guerres dans le monde : découvrir un Autre, c'était se rendre compte que les humains étaient proches les uns des autres, et qu'ils n'avaient plus à se diviser.

Alors qu'il parle avec enthousiasme de ses découvertes et de ses hypothèses (la vie est un phénomène assez banal dans l'univers, de sorte qu'il doit y avoir une vingtaine de races intelligentes dans la galaxie), Hugo lui confie qu'il chercher l'inventeur de la fusion froide. L'exobiologiste accueille cette révélation avec des yeux écarquillés. Il lui parle des flashs de rayons gamma, des événements cosmiques si intenses qu'ils peuvent détruire toutes vies dans la galaxie. Et si aucune race extraterrestres ne nous a visité alors que vu l'âge de la galaxie il devrait en exister qui en sont capable, cela implique que toute civilisation trop évoluée finit par découvrir un procédé qui provoque justement ces flashs de rayons gamma, et s'autodétruit. Comme la fusion froide, par exemple.

Le lendemain, Aurore dit à Hugo qu'elle a vu en rêve la vie de l'arbre constituant la maison où ils ont dormis, et qu'effectivement, ce dernier ne se serait pas laissé faire s'il n'avait pas été d'accord pour accueillir des humains en son sein. Hugo s'est réveillé avec un mal de dos plus fort que d'habitude, et il n'a plus d'antidouleurs que lui fournit Aurore.

La femme de leur hôte lui propose un bhang (du cannabis dans du lait chaud). La douleur s'éloigne, mais Hugo est tellement défoncé qu'une fois allongé dans la clairière, il se met à songer au passé, à une personne qu'il a aimé et qu'il a perdu pendant la Crise, à sa rage d'avoir vu des gens disparaître avant leurs heures.

Il se met à pleurer, pense à Aurore, se rends compte qu'il ferait mieux de s'inquiéter des vivants, et à quel point il est cruel de sa part de lui en vouloir pour des fautes commises par sa mère (dont il ne rappelle enfin qu'il l'a aimé), décide de faire plus attention à elle, et le lui dit.

Lorsqu'ils reviennent dans la maison l'ordinateur (fort lent) calculant l'étape suivante donne sa réponse : Oxydant vaincra. Une communauté de chasseurs située dans un ancien collège en ruine à la lisière de la forêt.

Suite : Oxydant vaincra

mercredi 7 septembre 2016

Les Dragons Stochastiques : Urbex 31

Après avoir résolu un conflit entre deux groupes de nomades, nos héros poursuivent leurs route toujours plus loin vers le sud, avec ceux du groupe Urbex 31, des explorateurs urbains parcourant les ruines laissés par la Crise...

Lien vers la partie précédente : L'hippocampe Rieur.


Urbex 31.


Les membres de cette communauté nomade ont une discipline presque militaire, et possèdent du matériel d'escalade et des gadgets électroniques de pointe. Pour les remercier d'avoir régler le conflit les opposants à l'Hippocampe, ils leur proposent de les accompagner dans une de leur exploration.

Le satellite militaire abandonné qu'ils ont hacké (ce qui fait halluciner Hugo - en fait ce n'est pas eux, mais une grande communauté d'informaticien libristes ayant élus domicile dans les tours de La Défense en ruine, les Numéristes), a détecté un vide immense sous un ancien manoir en ruine, trop grand pour être un abri anti-nucléaire classique.

Arrivé dans l'abri nucléaire, effectivement beaucoup trop grand, sans doute construit par une secte en prévision d'une apocalypse qui n'est jamais survenue (la Crise a été si lente qu'elle ne peut pas être considéré comme telle), ils constatent qu'un tunnel mène à une destination inconnue.

Ils le prennent, marchent de longues minutes pour arriver dans une salle gigantesque, couverte de carrelage noir et blanc, en-dessous d'une verrière en dôme laissant passer une lumière verte : cette pièce secrète a été construite sous un lac à proximité du manoir.

Tandis que les Urbexiens fascinés prennent des photos à l’aide d’antiques appareils numériques hors de prix, Aurore ouvre une porte d'où s'échappe un flot de papillons blancs qui s'engouffrent dans le tunnel d'entrée.

Dans la pièce, Aurore trouve une gourmette avec un coeur sous une couche de fine cendre noire.

Après avoir pris ce bijou en photo, l'une des Urbexiennes lui dit qu'il lui appartient désormais, mais il lui faut bien réfléchir à ce qu'elle en fera puisqu'il a appartenu à quelqu'un l'ayant porté et aimé.

Une fois revenue à la surface, dans la forêt près du manoir, Aurore discute avec un Urbexien, Mercure, qui lui propose d'abandonner sa mission pour les suivre et vivre des choses aussi intense que durant cette exploration.

Bien qu'Aurore soit attirée par lui, elle décline sa proposition, mais ils font l'amour dans la forêt. Au moment de jouir, un rat mord la main de Mercure. Une fois qu'ils ont finis, elle pose la gourmette sur une souche d'arbre, qu'une pie va prendre, pour l'emporter vers le soleil.

Aurore et Mercure retrouvent les autres Urbexiens, Hugo jouant avec la guitare de l'un d'eux.

Le soir, Aurore fait à nouveau l'amour avec Mercure.

Le lendemain, tandis qu'ils sont enfin en vue de l'étape suivante, Aurore songe à ce qu'elle vient de faire, qui ne lui ressemble pas : bien qu'elle ait eu le coup de foudre pour Mercure, elle n'aurait jamais imaginée, elle, qui avait été mariée à un homme qu'elle avait connue depuis son enfance, faire l'amour avec un autre dont elle ne connaît même pas le prénom.

Hugo, qui se doute de ce qu'elle a vécu, lui demande si elle va bien tandis qu'ils arrivent enfin à Rayon de soleil pourpre du crépuscule entre les branches dénudées par l'hiver précoce, justement au crépuscule.

Suite : Rayon de soleil pourpre du crépuscule entre les branches dénudées par l'hiver précoce.

mercredi 31 août 2016

Les Dragons Stochastiques : l'Hippocampe Rieur


Pensant être bloqué dans le Scarabée sur la Fontaine, phalanstère dédié au transhumanisme et à la recherche de l'immortalité, nos héros croisent des nomades qui acceptent de les rapprocher de leur prochaine destination...

Lien vers la partie précédente : Le scarabée sur la Fontaine.

L'Hippocampe Rieur.


Les héros partagent leurs vies avec ces nomades pendant quelques jours, allant dans des lotissements de banlieues abandonnées pour récupérer les fils de cuivres, puis les écossant de leurs gaines de plastique. Dans l'un des lotissements, ils croisent un autre groupe de nomades, Urbex 31, des explorateurs urbains se prenant pour des archéologues des décennies précédentes. Il y a un conflit de territorialité : les recycleurs se réservent les maisons individuelles, tandis que les Urbexiens utilisent les structures plus grandes comme les hôpitaux, les châteaux et les usines pour en vendre la localisation aux communautés qui se forment, désireuses de trouver l'endroit idéal pour s'épanouir. Or, le lotissement dans lequel ils se trouvent est situé dans l'enceinte d'une ancienne caserne de CRS.

Pour les Urbexiens, elle fait donc partie de leurs prérogatives, d'autant plus qu'ils ont déjà proposés cet endroit à une communauté.

Hugo voit la situation d'un très mauvais oeil : aucuns des deux partis ne souhaite en référer à la Fédération, puisque sa décision prendrait des mois. Donc, soit ils vont en venir aux mains, soit ils désignent Aurore et Hugo comme médiateurs.

Mais Hugo ne voit pas comment il est possible de trancher sur ce cas, et est pratiquement prêt à s'enfuir.

"Qu'est-ce que dirait un vrai phalanstérien ?", lui demande Aurore, exaspéré par son pessimisme. Hugo y réfléchit, sans trop de sérieux, de manière purement abstraite, mais la suggestion qu'il émet semble satisfaire les deux partis : Urbex 31 offre à l'Hippocampe un géoradar permettant de trouver les décharges sauvages enfouies, et L'Hippocampe renonce à exploiter les systèmes électriques des maisons du lotissement.

Une fois la négociation terminée, Aurore et Hugo continuent leur route avec Urbex 31, puisqu'ils descendent plus loin dans le sud.

Suite : Urbex 31.

lundi 22 août 2016

Les Dragons Stochastiques : le scarabée sur la fontaine


Après quelques jours passés sur les routes à bord d'une camionnette, nos héros arrivent à leur destination suivante...

Lien vers la partie précédente : Les dragons stochastiques : le Coeur de la Route.

Le scarabée sur la fontaine.


Les héros arrivent finalement au Scarabée sur la Fontaine, des libertariens fans de Ayn Rand à la recherche de l'immortalité, qui ont édifiés leur communauté dans l'ancien parc de Vulcania.

Puisque la poste n'est pas encore ouverte, ils prennent une chambre d'hôtel, vont déjeuner dans un restaurant. Hugo prend un steak-frite (alors que la viande est tellement chère que c'est un luxe d'en manger plus de deux fois par semaine), ce qui révulse Aurore, végétarienne convaincue. Après avoir parlé de la philosophie des libertariens, et qu'Aurore ne comprends pas pourquoi Hugo déteste ces derniers, ils en viennent à se quereller au sujet de ses relations avec sa mère. Finalement, ils partent chacun de leurs côtés, conviennent de se retrouver le soir dans la chambre d'hôtel.

Hugo va à la poste, trouve le nom de la prochaine étape : Rayon de soleil pourpre du crépuscule entre les branches dénudées par l'hiver précoce, situé dans une forêt en Province.

Aurore visite la communauté, rencontre un homme qui lui propose un pacte d'immortalité : en échange d'une forte somme d'argent mensuelle, son cerveau sera scanné et transféré dans un ordinateur, qui certes tournera au ralenti, mais restera conscient. Aurore s'interroge : si sa conscience d'elle-même est transférée dans un ordinateur, elle lui demande ce qu'il adviendra de son âme, question à laquelle il est incapable de répondre. De plus, elle s'interroge sur la mort : cette communauté offre l'immortalité, mais les personnes qui l'achètent sont plutôt une exception qu'une règle. Elle en déduit que la plupart des hommes veulent une vie bien remplie, avec un sens, et non une vie longue. Reste qu'elle n'a pas encore trouvé le sens de la sienne.

Le soir, la communauté organise une soirée An 2000 - évidemment ratée, au moins du point de vue des déguisements. Là, Hugo reste au bar en regardant les danseurs, se bourre la gueule whisky-(ersatz de)-Coca en fumant des (copies de) Marlboro, ce qui lui rappelle sa jeunesse. Il finit par aborder une femme dont il ne reconnaît pas le déguisement.

Pendant ce temps, Aurore, qui participe aussi à la fête, tente de s'imprégner de l'Esprit des Années 00, essaie de comprendre cette époque, ce monde clinquant et tapageur qui lui est complètement étranger.

Elle a d'ailleurs des opinions très personnelles sur l'origine de la décadence du monde d'avant : les hommes de cette époque consommaient trop de viande, et surtout, celle-ci était nourrie avec des plantes dopées à l'engrais fait à partir de gaz naturel ou de pétrole. Ce dernier est issu d’espèces disparues depuis des millions d'années, qui se sont chargés, dans les profondeurs de la Terre que la lumière du soleil n'a jamais atteint, d'une chose noire et mauvaise. Il était donc inévitable que les hommes mangeant des produits conçus ainsi soient devenus mauvais - c'est aussi la raison pour laquelle elle ne touche jamais de plastique issu du pétrole.

Elle discute avec des résidents du Scarabée, qui lui expliquent leur philosophie. Elle finit par comprendre que leur système est structurellement inégalitaire.

Un dealer, avec qui elle a discuté de la raison de ses études en ethnologie (aller en Amazonie à la recherche d'une tribu de rêveur), lui propose une drogue similaire aux substances qu'ils utilisent. Voulant s'imprégner de tous les excès des années 00, sans écouter les mises en garde du dealer, Aurore absorbe la drogue immédiatement.

Hugo, de son côté, embrasse la femme qu'il a abordé. C'est lorsqu'elle ouvre un des crochets de son corset orthopédique qu'il dé-saoule, et se rends compte de ce qu'il est en train de faire : la femme est déguisée en Paris Hilton, la pire représentation de la superficialité de cette époque révolue.

Il l'abandonne pour chercher Aurore, qu'il a croisée auparavant. Il la retrouve dans les toilettes, délirante, la ramène à la chambre d'hôtel.

Là, il lui fait prendre une douche glacée, lui dit qu'elle fait un bad trip. C'est le cas : Aurore a des hallucinations où elle voit l'intérieur du corps d’Hugo. Dans sa cage thoracique, une énorme araignée lui dévore le coeur.

Le lendemain au réveil dans la chambre d'hôtel, Hugo reproche à Aurore d'avoir été irresponsable, à se droguer ainsi. Alors qu'il est sous la douche, Aurore quitte la chambre d'hôtel avec ses affaires.

Hugo la retrouve au départ de la navette vers Clermont-Ferrand, décidé à abandonner cette mission. La raison de sa nervosité est qu'elle a peur : comme l'a promis Arthuro, le résultat du test de paternité arrivera à la fin de la mission.

Si Hugo est vraiment son père, elle ne saura jamais si c'est par obligation qu'il continue de s'occuper d'elle, ou si c'est sincère. S'il ne l'est pas, cela voudrait dire qu'elle n'est que la fille de sa mère, qu’Hugo déteste, et qu'il finira donc par rejeter Aurore.

Hugo ne sait pas quoi penser. Tandis que la navette repart, il promet à Aurore de retrouver au moins les raisons pour lesquelles il a aimé sa mère, et qu'il ne l'abandonnera pas quelle que soit l'issue du test.

Il n'y a qu'une navette pour Clermont-Ferrand par demi-journée. Par chance, ils croisent des nomades qui ont fait escale au Scarabée, et qui descendent dans le Sud. L'Hippocampe Rieur est une communauté nomades de récupérateurs, qui recyclent les fils électriques en cuivre dans les maisons abandonnées, ou les métaux précieux dans les décharges sauvages.

Suite : l'Hippocampe Rieur.

jeudi 18 août 2016

Les Dragons Stochastiques : le coeur de la route.

Un chapitre sous la forme d'une sorte d'entracte, pour nos héros, qui sont sur les routes, entre deux phalantstères, après avoir quittés L'Axoltl SERIEUX...

Lien vers la partie précédente : Les Dragons Stochastiques : l'Axolotl SERIEUX.

Le Coeur de la Route


Hugo et Aurore se retrouvent donc sur les routes, à bord d'une camionnette qu'ils doivent convoyer jusqu'au Scarabée sur la Fontaine. Ils s'arrêtent à un restaurant routier. Aurore médite sur la vie des routiers, qui parcourent des routes sans s'arrêter, hormis à ces stations, et songe à la vie d'avant la Crise, lorsque c'était plus fréquent : elle se met à comprendre le plaisir qu'on peut ressentir, à parcourir ainsi les routes au coeur de la nuit. Elle rencontre une auto-stoppeuse (Rachelle) vêtue d'une veste en cuir, propose de l'amener. Lorsqu'elles reviennent à la camionnette, Hugo n'est pas d'accord, mais fini par céder.

A un autre arrêt, Hugo explique sa réticence à Aurore : cette fille est une Amazone, communauté nomade de sorcières misandre à tendance écologique parcourant le monde sur leurs motos, et elle fait son initiation, qui consiste à se prostituer jusqu'à pouvoir se payer une moto. Et Hugo ne fait pas confiance aux nomades.

Cela est justifié : le lendemain d'une nuit passé dans une forêt, Hugo se réveille en constatant que Rachelle s'est enfuie durant la nuit en lui volant un cristal de roche qui lui venait de la mère d'Aurore. Quoi qu'il ait toujours affirmé à Aurore qu'il détestait sa mère une fois qu'ils s'étaient quittés, lorsqu'il constate ce vol il entre dans une colère noire, ce qui ne devrait pas être le cas s'il n'avait plus aucun sentiment pour elle.

Arrivé à ce stade de l'histoire, Aurore se permet une digression pour expliquer au lecteur la nature de leur relation, puisque ce sera important pour les chapitres suivants. En effet peu avant de mourir, sa mère lui avait confié que son vrai père était peut-être encore en vie. Puis Aurore s'est mariée (avant d'avoir eu le bac), a divorcé, a repris ses études sur Paris.

Un jour, elle a tiré des cartes de tarot en demandant comment retrouver son père. Les cartes l'ont menée jusqu'à La Fourmi. Mais Aurore n'y a pas trouvé Hugo. Elle a continué à déambuler dans le quartier, jusqu'à se retrouver au bord de la Seine, au pied d'une péniche où était donné un concert de metal, y est entrée. Hugo assistait aussi à ce concert.

Ils ont discutés ensemble jusqu'à la fin de l'heure des métros, puis Hugo lui a proposé de venir chez lui, ce qu'ils ont fait. Une fois dans l'appartement d’Hugo, ils ont de discutés de la vie, de l'art, et de ses études, avant de s'endormir. Aurore avait complètement oublié les cartes, et ne pensait pas du tout qu'elles avaient pu dire la vérité. Elle pensait simplement qu'elles l'avaient amenées à faire une rencontre intéressante.

Cependant le lendemain, Hugo a dit une chose que seul l'amant de sa mère aurait pu dire. Aurore fut horrifiée, et lui demanda s'il l'avait connue. C'était le cas. Lorsqu’Hugo compris, il couvrit sa mère d'injure et ordonna à Aurore de partir, ce qui surpris cette dernière puisque sa mère lui avait dit qu'ils s'étaient aimés. Finalement, Hugo a accepté de l'héberger le temps qu'elle trouve un appartement, à la place de sa capsule de deux mètres carrés dans le premier arrondissement. Leur cohabitation, vers la fin, a été très difficile, surtout lorsqu'Aurore découvrit qu’Hugo portait toujours sur lui un morceau de cristal de roche similaire à celui que portait sa mère, ce qui impliquait qu'il devait encore avoir des sentiments pour elle, alors qu'il prétendait que c'était une pure habitude.

Suite : le Scarabée sur la Fontaine.

vendredi 12 août 2016

Les dragons stochastiques : présentation

Roman de SF éco-punk





"Le futur. Dans une France revenue aux capacités énergétiques des années 50 suite à la Grande Crise, avec cependant des restes disparates des technologies d'avant, où un gouvernement autoritaire s'efforce tant bien que mal de maintenir l'ordre.

Hugo, ancien cadre d'entreprise qui a su s'adapter à ce monde, habite un des phalanstères auto-gérés qui parsèment le monde en dehors du système précaire en place, dans un Paris à moitié en ruine où il a retrouvé par hasard Aurore, la fille d'un de ses amours passagers dans le Monde d'Avant. Un jour, l'Assemblée Générale du phalanstère lui donne pour mission de retrouver un inventeur qui affirme avoir découvert le secret de la Fusion Froide, ce qui pourrait radicalement changer les choses.

Aurore le convainc d'accepter cette mission malgré son scepticisme, et de l'accompagner afin de rédiger un mémoire dans le cadre de ses études en sociologie.

Débute alors un voyage à travers des paysages subissant des phénomènes météorologiques étranges, conséquences des changements climatiques, où ils découvriront des communautés s'étant chacune adaptée à la Grande Crise en adoptant des modes de vies, des philosophies, des convictions et des préférences techniques toutes différentes, allant du rationnel à l'absurde, et au cours duquel ils apprendront à se connaître".

mercredi 10 août 2016

Les Dragons Stochastiques : l'Axolotl SERIEUX.

Dernier chapitre des Premières Stations : après avoir semé un agent des RG, nos héros arrivent en taxi à proximité d'une communauté de bioteks....

Lien vers la partie précédente : Les Dragons Stochastiques : Paradigme de la singularité du grand éléphant.


4 - L'Axolotl SERIEUX 


Hugo a vu dans l'Annuaire que l'entrée à l'Axolotl est soumise à test, ce qui l'inquiète. En l'occurrence, ce dernier est un test de psychopathie, qu'ils passent avec succès.

Entrés dans l'Axolotl, ils sont accueillis par un jeune couple, une femme rousse à la peau laiteuse (Eugenie), et un homme à la peau sombre (Abden), dînent ensemble (dont de la viande artificielle), discutent durant la soirée.

Hugo considère les biotecks, spécialisés en génétique, comme les descendants des salopards qui créaient des OGM. Abden lui explique qu'au contraire, alors que les multinationales de l’agro-alimentaire brevetaient le vivant, les biotek s'inspirent de la philosophie open-source pour leur manipulation génétique, ce qu'Hugo, libriste convaincu, devrait comprendre.

Durant la discussion, Hugo s'aperçoit d'une chose qui l'horrifie : les masques de leurs hôtes, posés sur des présentoirs sur une commode, présentant des zébrures entre deux cuirs de couleurs différentes, un olivâtre et un autre plus claire, sont en fait issus de cultures de leur propre peau. Au bord de la nausée, il doit sortir pour prendre l'air. Aurore le rejoint, lui dit qu'elle ne comprend pas sa réaction, puisque leur philosophie ressemble à la sienne : faire profiter tout le monde du résultat de leur recherche, au lieu de les breveter. La seule différence est qu'ils ne manipulent pas des lignes informatiques, mais du code génétique. Les arguments des bioteks sont logiques, et ils prouvent qu'ils ne sont pas des apprentis-sorciers, mais cela révulse tout de même Hugo. Il se dit qu'il se trouve dans la même situation que moult vieux cons, qui ont été progressistes dans leur jeunesse, et n'acceptent pas les nouvelles évolutions de la société.

Le lendemain, Aurore visite un ancien hypermarché où ont été installés des bassins remplis de bactéries triants les métaux lourds ou produisant du méthane ou du bioplastique. Elle est impressionnée par la taille de cet ancien hypermarché, se demande comment les gens faisaient pour ne pas s'y perdre, lorsqu'ils faisaient leurs courses le samedi après-midi.

Pendant ce temps, Eugenie montre leur dernière création à Hugo : des roses aux feuilles en forme de flèches, qui produisent plusieurs drogues différentes, et pourraient pousser presque partout puisqu'elles peuvent se nourrir avec les sols les plus polluées et sont même capables de digérer le plastique. Hugo est horrifié par cette invention : sans pouvoir dire pourquoi, il y trouve un côté pervers.

Un ordinateur en bois a calculé leur prochaine étape : Le scarabée sur la Fontaine, situé près de Clermond-Ferrant, ce qui est relativement loin. Mais les résidents de l'Axolotl ont une solution : le Scarabée leur a prêté une camionnette qu'ils n'ont jamais utilisés, et par encore rendus (par tabou, ils n'utilisent que la traction animal, et limitent leur utilisation du métal : l'une de leur devise est "La chair est plus forte que l'acier"). Comme Hugo sait conduire, il pourra ramener cette camionnette au Scarabée.

Suite : Le Coeur de la Route.

lundi 8 août 2016

Les Dragons Stochastiques : Paradigme de la singularité du grand éléphant.

Suite du résumé des Dragons Stochastiques : après un accident de voiture qui a fait plus de peur que de mal, nos héros, nos héros se dirigent vers la prochaine étape de leur voyage...

Lien vers la partie précédente : Les Dragons Stochastiques : Les premières stations - L'escargot bleu.


3 - Paradigme de la singularité du grand éléphant


Sur la route, ils croisent une sorte petit robot à six pattes qui aspire le bas-côté de la route. Ensuite, ils pénètrent dans un champ de chanvre s'étendant à perte de vue, puant le cannabis. Ils croisent enfin une sorte de robot géant fait de métal rouillé, actionné par une machine à vapeur, conduit par un homme portant des dreads-lock.

Il les mène jusqu'à l'Eléphant, une communauté installée dans une usine désaffectée. Le Concierge qui les accueille, leur explique les règles de la communauté (pas de drogue dure, pas d'armes, pas de gilet pare-balles, etc.), puis leur suggèrent de prendre une douche à cause de l'eau de la rivière où est tombée la voiture, et ensuite leur propose de dîner avec le reste de la communauté.

Aurore et Hugo n'en reviennent pas : ils mangent des bananes, des oranges, et même des kiwis, fruit qu'Aurore n'a jamais goûté. En effet ces fruits exotiques, facilement accessibles avant la Crise, sont devenus un privilège de riches depuis que la mondialisation et le pétrole bon marché ne permet plus d'en produire et d'en exporter. Pire, les enfants de cette communauté (et il y en a beaucoup) ne finissent même pas leurs assiettes, et jettent les restes dans des poubelles. Aurore voit que cela horrifie Hugo et qu'il doit se faire violence pour ne pas réagir, lui qui a connu la faim durant la Crise, et qui voit le gaspillage de nourriture comme une pratique abominable.

Il est bientôt vingt-deux heures, et les événements de la journée ont épuisés les héros. Ils vont se coucher sur des lits de fortune au premier étage d'un bâtiment vide, sans avoir eu l'occasion de demander à leurs hôtes où ils trouvaient leur nourriture.

Durant la nuit, Aurore est réveillée par un son magnifique (bien différent du hard-rock qu'écoute Hugo), qui semble venir d'en haut. Elle se lève pour le suivre, se retrouve sur le toit du bâtiment. C'est un des résident qu’Hugo soupçonnait d'être un agent des RG qui joue de la guitare à côté d'un feu de bois en fumant un joint.

Aurore s'approche de lui. L'homme lui avoue d'entrée de jeu qu'ils sont surveillés et suivis par les RG, et lui propose sa carte : s'ils ont le moindre problème, il leur suffira d'appeler un numéro de téléphone. Cependant, lui-même n'est qu'un simple exécutant, et ne connaît pas les détails de leur mission.

Aurore ne lui dit rien, et à la place ils passent un moment à discuter des vieux qui ont vécus la Crise, avec leur méfiance, leur paranoïa et leur méchanceté, alors qu'en fin de compte leur propre génération vit après l'Apocalypse, l'ère du Verseau. De fait, ils n'ont pas eu autant de gadgets technologiques, pas de télévision ni de « smartphone », mais ils ont toujours mangé à leur faim.

Une fois leur discussion terminée, Aurore redescend et se recouche. Mais elle a très froid et le dit à Hugo. Celui-ci se traîne jusqu'à son matelas en grognant, et l'enlace. Au cours de la nuit, elle se réveille et constate que leurs doigts sont entremêlés, mais elle ne se souvient plus qui a pris ceux de l'autre.

Le lendemain, Aurore se réveille au lever du soleil, sort dans la brume, songeuse, retourne voir Hugo qui se réveille en râlant, disant qu’il en déjà marre de cette mission, et que comme dans l'ancien temps, il veut prendre une douche chaude (peu probable à cette heure dans ce squat), un café (impossible), une clope (alors qu'il a arrêté de fumer depuis longtemps), allumer la télévision pour tomber sur des clips de rap où des quasi-adolescentes dansent lascivement sur des paroles obscènes, avant de prendre sa voiture pour aller faire un boulot idiot lui permettant de se payer des merdes qui ne lui servent à rien. Aurore lui demande d’être réaliste, lorsqu'ils sentent une odeur de café provenant de la cour de l'usine. Ils se lèvent, vont en prendre un.

Le Concierge leur montre alors la source de nourriture de la communauté. Puisqu'elle occupe un ancien site industriel complètement pollué, et qu'il est donc impossible d'y cultiver des plantes comestibles, ils y font pousser du chanvre absorbant les métaux lourds, le font brûler à basse température. La chaleur alimente des moteurs Stirling, dont l'énergie est utilisée pour des cultures hydroponiques installées dans des bâtiments de l'usine transformés en serre. Pour l'engrais, ils utilisent tout simplement l'urine recyclée des résidents. Enfin, les cendres du chanvre sont envoyées à une communauté de bioteks qui ont développés des bactéries capables d'en extraire les métaux lourds. En dehors de cela, les résidents de l'Eléphant passent leurs temps libre à fabriquer des robots géants.

Aurore s'interroge : cette communauté est du genre baba-cool, une joyeuse anarchie, mais elle se demande s'ils n'ont pas de tabous ou d'interdits, comme dans n'importe quel groupe humain. En l'occurrence, c'est le cas : bien qu'ils soient calés en mécanique, ils réprouvent totalement l'usage du réseau pour la transmission du savoir, et sont très stricts sur l'utilisation des écrans. Pour eux, le savoir ne peut se transmettre que d'humain à humain, directement, et non à travers une vidéo, point de vue avec lequel Hugo n'est absolument pas d'accord.

Dans la matinée, Hugo discute avec l'agent des RG, lui disant que tout compte fait, tout cela n'est qu'un prétexte pour passer des vacances avec sa fille, et qu'il se fout de leur mission. Mais que tant qu'à faire, autant que ce soit intéressant, et c'est pourquoi il ne facilitera pas la tâche de l'état français. Cependant, l'agent des RG a donné un numéro de téléphone à Aurore : Hugo dit qu'ils ne l'utiliseront qu'en cas de problème, et qu'ils seront prêts à coopérer par la suite. Mais qu'il entend bien, puisque l'agent des RG s'est engagé sur ce point, que s'ils l'utilisent (ce qu'ils ne feront qu'en cas de force majeure), la cavalerie arrivera sans tarder.

Dans l'après-midi, les héros se dirigent vers la poste de la communauté pour découvrir leur prochaine étape. Hugo sait que l'agent des RG veut aussi la connaître, et ruse pour lui cacher cette information en lançant plusieurs fois de suite le logiciel, à chaque fois en introduisant un code différent.

Une navette les amène à Châteauroux. Ils sèment dans la ville des agents qui les suivent, et prennent un taxi qui les mène à l'étape suivante : L'Axolotl SERIEUX, une communauté de bioteks installée dans une zone commerciale en ruine à proximité de Châteauroux.

Suite : L'Axolotl SERIEUX

vendredi 5 août 2016

Les dragons stochastiques : le sommaire

J'ai de longue date dressé le plan de ce roman. Le voici, avec pour chaque chapitre les thèmes qui y seront abordés. A noter que la plupart des ceux-ci ont pour noms les phalanstères que visiteront les héros :

L'attente


Préparation de la mission.

Les premières stations


2  - L'escargot Bleu


Agriculture intensive vs. agriculture biologique, et implication dans le futur.

3 - Paradigme de la singularité du grand éléphant


Comment tirer partie d'une terre polluée - chanvre, cycle énergétique, machine de Stirling et serre hydroponique.

4  - L'Axolotl SERIEUX 


De l'implication de l'application de la philosophie de l'open-source à la recherche génétique.

Le coeur de la route


5  - Le scarabée sur la fontaine


Libertarianisme, transhumanisme et promesse d'immortalité artificielle.

6  - L'Hippocampe Rieur


Nomadisme dans un monde en ruine : comment en exploiter les ressources ?

7 - Urbex 31


Dans un monde en ruine, découvrons le passé...


8 - [Censuré]


Chapitre censuré, laissé à la libre appréciation du lecteur.

L'échec


9  - Rayon de soleil pourpre du crépuscule entre les branches dénudées par l'hiver précoce


Astrophysique, choix de vie et symbiose dans la forêt.

10  - Oxydant vaincra


La violence : qu'en faire ? L'éliminer ou en faire quelque chose d'utile ?

Non-retour


11 -  Le panda sans adjectif (au début on avait pensé à "Le panda tout court" mais des gens l'appelait Le Panda tout court (sans rien derrière, pas "Le panda tout court") alors on a préféré l'appeler comme ça)


L'acier ou le végétale ? Ce ne sera pas la décision la plus difficile qu'auront à prendre nos héros.

La destination


12 - La décharge du Paradis


Que deviennent ceux qui n'ont leur place nulle part ?

Le retour


13 - Le renard suivant des yeux la nuée d'oiseaux sauvages s'envolant du désert


Voler dans un monde où la haute atmosphère est saturée de plutonium, est-ce encore possible ?

14 - Retour à la Fourmi


De retour chez eux, quelles nouvelles attendent nos héros ? Et peut-on vraiment penser qu'ils ont accomplis leur mission ?

Annexe : les livres de la Fédération


Le Léviathan déchiqueté


Le Léviathan de Hobbs paraissait un mal nécessaire. Les nouvelles technologies ont remis en cause cette idée. Mais comment passer de la Pyramide hiérarchique au Réseau décentralisé ?

Le panopticon foudroyé


Le panopticon, c'est notre monde. Sur quelle valeur doit-on se baser dans un monde complètement transparent ?

Le Bouc émissaire épargné


Le désir mimétique de René Girard est un fait acquis. Mais comment le dépasser ? C'est dans ce livre qu'est défini l'Ethos, qui a une grande importance dans ce roman.

mercredi 3 août 2016

Les Dragons Stochastiques : Les premières stations - L'escargot bleu.


Suite du résumé des Dragons Stochastiques : nos héros sont désormais sur la route... Ici, la première sous-partie de la seconde partie principale. Un sommaire détaillé apparaîtra très prochainement sur le site. Les divisions seront alors plus clairs.

Lien vers la première partie : Les Dragons Stochastiques, première partie : l'Attente


2. Les premières stations


2.1 L'escargot bleu


Le lendemain, ils se réveillent à cinq heures du matin. Durant la semaine, ils ont utilisés l'ordinateur de la poste de la Fourmi pour déterminer la première étape de leur voyage : L'escargot bleu, une communauté agraire ressemblant à une ancienne AMAP, située à une vingtaine de kilomètres de Paris, avec laquelle La Fourmi a des relations privilégiées : en échange de la maintenance de leurs machines et du travail d'une quinzaine de membre de la Fourmi chaque mois, l'Escargot Bleu fournit de la nourriture à La Fourmi. Ils font le trajet dans une camionnette utilisée pour le transport des récoltes.

Arrivé à l'Escargot, les membres de la Fourmi sortent les cageots vides de la camionnette, puis la remplissent avec les récoltes, tandis qu’Hugo salue Geneviève, la "matriarche" de l'Escargot.

Pendant que son ordinateur calcule leur prochaine étape, elle explique à Aurore l'organisation de leur communauté : au lieu d'une monoculture comme dans l'ancien temps, ils font pousser des forêts comestibles.

Hugo semble se désintéresser de son discours, sans doute parce qu'il n'est pas assez technique à son goût.

L'ordinateur donne son résultat : ils doivent se rendre à Paradigme de la singularité du Grande éléphant, une communauté située à Diors, près de Châteauroux. Ce qui implique de retourner sur Paris pour prendre un train à la Gare d'Austerlitz.

Mais si l'allée n'avait pas posé de problèmes puisque l'un des résidents était allé à l'arrière de la camionnette tandis que les héros occupaient les deux places passagers, là, l'arrière est trop remplie pour que ce soit possible. Et faire le trajet en transport en commun prendrait trop de temps et reviendrait trop cher.

Hugo se dit que c'est débile, puisqu'on parle de seulement vingt kilomètres - mais en même temps ce sont des kilomètres d'aujourd'hui, pas des kilomètres d'avant la Crise, à l'époque où l'essence était bon marché, et où les voitures pouvaient rouler à plus de cinquante kilomètre-heure.

Finalement, tout se résout lorsque l'un des résidents de La Fourmi décide de passer la nuit à l'Escargot. Il faut dire qu'il est attiré par une résidente de cette communauté, qui a horrifié Aurore puisqu'elle ne s'épile pas les jambes bien qu'elle porte un short.

Une fois dans la camionnette à destination de Paris, Aurore fait part de son découragement : elle pensait pouvoir faire un premier travail d'enquête sociologique sur le terrain, mais se rends compte que passer une journée ou deux dans une communauté est insuffisant pour cela. Hugo tente de la rassurer, lui dit que même une vision parcellaire est profitable.

Plus tard, Aurore lui reproche de mépriser les membres de la communauté de l'Escargot. Hugo s'inscrit en faux : pour lui, les membres des communautés agraires, rendant la vie aux terres appauvries par l'agriculture intensive, ont carrément fait une chose que des ingénieurs de la NASA n'avaient pu que rêver : ils ont pratiquement terraformé un désert stérile.

Durant le trajet, des policiers soupçonneux arrêtent la camionnette. Tandis qu'Aurore leur fait de grands sourires, Hugo a glissé des tickets d'entrée pour la Fourmi (ce qui est pratiquement devenue une monnaie parallèle) dans son passeport.

Arrivés à la Gare d'Austerlitz, ils croisent To, un membre de la Fourmi qui s'occupe de leur chien de garde, faisant la manche à l'entrée de la Gare. Il leur souhaite bonne chance.

Ils trouvent rapidement un train pour Châteauroux. A la moitié du trajet, une tempête de pollen se lève, et le train est obligé de s'arrêter de longues heures. Pendant ce temps, Aurore pose des questions à Hugo au sujet des communautés : le but des articles du Manifestes des phalanstères ("Article 1 : la raison d'être d'une communauté est de subvenir aux besoins essentiels de tous ses membres présents et futurs."), comment Hugo est entré à la Fourmi, et surtout, qu'est-ce que l'Ethos, un concept dont ils parlent souvent. Le train repart finalement pour s'arrêter à mi-parcours, dans une gare anonyme.

Hugo, en rage, se dit qu'ils vont rester coincés dans ce trou jusqu'au lendemain matin, tandis qu'Aurore discute avec un jeune homme possédant une voiture, qui leur propose de faire le trajet jusqu'à Châteauroux : avoir des passagers lui permettra de ne pas devoir payer d'amende si jamais il se fait contrôler par la police, puisque le covoiturage est obligatoire pour les véhicules à essence ou à gaz.

Ils voyagent donc en voiture sur la route mal entretenue jusqu'à l'Eléphant. Durant le trajet le conducteur demande à Hugo s'il a connu Mills Davis. Ils discutent d'écologie, du comportement des gens avant la Crise, proprement inconscients à polluer la planète sans se soucier des conséquences. Hugo explique son point de vue, dit que ce n'était pas facile de s'en rendre compte à l'époque, puisque ces problèmes paraissaient secondaires, et que tout était fait dans le système pour que personne ne s'y intéresse.

Durant une étape, ils changent de place : Aurore se met devant, Hugo à l'arrière. Il se réveille lorsque la voiture quitte la route pour atterrir dans un cours d'eau. Bien qu'il y a plus de peur que de mal, Hugo engueule le conducteur pour son inconséquence, et ils se mettent à marcher, le conducteur en direction de Châteauroux, à la recherche d'un garagiste, les héros en direction de Paradigme de la Singularité du Grand Eléphant.

Suite : Paradigme de la singularité du grand éléphant.

dimanche 31 juillet 2016

Les Dragons Stochastiques, première partie : l'Attente.

J'ai passé l'année précédente à rédiger ce synopsis très détaillé de mon roman, mais les vicissitudes de la vie ont fait que je l'ai un peu laissé de côté. Ce soir, à l'occasion d'une discussion sur Twitter, j'ai éprouvé le désir de le partager. Voici donc le résumé de la première partie. Les autres parties suivront très prochainement.

1. L'attente.


Paris, 2037, longtemps après la Crise.

Hugo est un ancien cadre vivant dans une communauté autogérée sise dans l'ancien centre commercial de la Place d'Italie, La fourmi courant sur le béton en portant une brindille plus grande qu'elle. Il s'agit d'un atelier communautaire. En échange d'un droit d'entrée à la journée, les clients peuvent utiliser les machines qui s'y trouvent regroupées en différents ateliers : imprimantes 3D, machine à coudre, découpeuse laser, four à céramique, etc.

Hugo travail à la Forge avec Marc, son maître de forge. Ce dernier lui a fabriqué son corset orthopédique lui permettant de ne pas ressentir la douleur permanente à cause d'un accident ayant endommagé sa colonne vertébrale.

Lorsqu’Hugo ne s'occupe pas de la maintenance des machines, ou de l'assistance aux clients dans leurs productions, il créer ses propres pièces, comme en ce moment, un masque de métal.

La matière première a été récupérée sur la carcasse d'un avion furtif qui s'est écrasé près de Paris durant la dernière guerre. "Je me fais un masque dans la peau d'un monstre disparu", songe-t-il. La plupart des gens portent des masques à l'extérieur pour se protéger des tempêtes de pollen et de la pollution, bien qu’Hugo pense qu'elle est moindre qu'avant la Crise.

L'organisation de l'atelier communautaire permet à Hugo de ne travailler que quatre heures par jours. Il finit sa demi-journée de travail à la Forge, croise dans le couloir sa fille Aurore (alias ThµYia), va déjeuner avec elle.

Aurore est la fille d'une ex-petite amie d’Hugo. Elle s'est présentée à lui un an auparavant, lorsqu'elle est arrivée sur Paris pour entreprendre des études d'ethnologie.

Hugo, bien qu'évasif sur le sujet, se souvient qu'il ne sait toujours pas si elle est sa fille ou sa belle-fille. Aurore est nerveuse : elle travaille à titre personnel sur un projet de rêve lucide commun avec des rêveurs disséminés dans le monde entier, et demande à Hugo si elle peut dormir dans son appartement pendant une semaine. En effet, le but de son expérience du moment est de s'enregistrer en train de dormir, et, lorsqu'elle deviendra consciente de ses rêves, d'envoyer un signal aux autres participants de l'expérience qui la surveilleraient à travers le réseau (descendant d'internet, en plus lent). Sa demande est justifiée parce que La Fourmi possède le réseau le plus rapide qu'elle connaisse. Hugo est d'abord réticent : lorsque Aurore est arrivée sur Paris, elle a habité quelques semaines dans son appartement avant d'en trouver un, et leur cohabitation a été difficile vers la fin. Finalement, il accepte.

L'après-midi, Hugo assiste à l'assemblée générale de La Fourmi. Pour mener celle-ci, les participants utilisent un langage des signes permettant presque de faire émerger l'intelligence collective de l'Assemblée, comme si elle était un être conscient dont la sagesse serait supérieure à la somme de ses parties. Les groupes de travail se succèdent, jusqu'au porte-parole du groupe Energie et Progrès, Arthuro, un grand Noir tiré à quatre épingle. Il informe l'AG qu'il a pris contact avec un homme affirmant avoir découvert la fusion froide, et prêt à faire une démonstration, demande à l'AG si ce projet est compatible avec l'Ethos de la communauté.

L'AG est d'accord. Pas Hugo, qui s'insurge, prend la parole à la suite d'Arthuro. Pour Hugo, l'idée de fusion froide est une hérésie : si durant la Crise personne n'a été en mesure de la développer malgré l'intérêt qu'elle représentait tandis que le pétrole s'épuisait, c'est qu'elle est impossible. Il doit donc s'agir d'une supercherie, et se fourvoyer dans cette voie entacherait la réputation de La Fourmi. Mais ses arguments ne convainquent pas l'AG. Au contraire, celle-ci suggère qu’Hugo serait le mieux désigné pour tester cette invention.

Après l'AG, Arthuro lui propose de discuter ensemble dans les locaux du groupe de travail Energie et Progrès. Ils y rencontrent Hélène, une experte en physique nucléaire ayant abandonnée la recherche universitaire pour travailler à La Fourmi parce qu'elle avait été dégoûtée par le système officiel, et que la communauté lui permettait d'avoir du temps libre pour se consacrer à ses propres projets. Arthuro pense que l'AG a eu raison de désigner Hugo pour procéder aux tests de l'invention, puisqu'il est le plus sceptique d'entre tous : si lui est convaincu, Arthuro pourra être sûr qu'elle n'est pas une supercherie.

Durant cette conversation, quelqu'un transmet une lettre anonyme à Arthuro, qui a été laissé sur le lieu de réunion de l'AG. L'auteur explique que si Hugo accepte cette mission, il pourrait lui donner des réponses au sujet de sa filiation avec Aurore.

En effet Hugo sait qu'Aurore est la fille d'une de ses anciennes conjointes mortes depuis, mais il ne sait pas s'il est son père. Dans l’ancien temps il aurait suffi d’aller chez des bioteks pour faire un test de paternité pour une somme modique, mais depuis l’épidémie de virus recombinant survenue il y a quinze ans, la PCR ne présente plus aucune fiabilité. Il est nécessaire d’user de méthode plus précises – et donc plus chère.

C'est pourquoi le seul moyen qui pourrait lui offrir une certitude sans dépenser une somme exorbitante (et garantissant un résultat fiable puisqu’assermenté) serait de passer par un tribunal, mais cette procédure est devenue très longue. Or, l'auteur de la lettre anonyme affirme avoir des contacts au tribunal susceptible d’organiser un rendez-vous dans la semaine.

Hugo, ulcéré que l'on puisse essayer de l'acheter ainsi, refuse la proposition.

Le soir, il rentre dans son appartement situé au dernier étage de la tour au-dessus de l'ancien centre commercial. Il prend une douche, regarde dans le miroir son visage mutilé et réparé pauvrement par des chirurgiens à l'aide de cellule souche, songe au passé, à la Crise, puis s'attelle à son plus important projet : créer des systèmes mécaniques collectant le plastique pour nettoyer les océans. En effet, les fragments de plastiques qui les polluent tuent le plancton, premier producteur d'oxygène sur Terre. Hugo effectue des simulations informatiques pour voir si les derniers modèles proposés par les participants du projet peuvent éviter la mort de l'humanité.

Lorsqu'il a fini, il découvre un email : comme le lui a promis Arthuro durant l'après-midi, c'est le dossier complet de ses dialogues avec l'inventeur.

Ce dernier apparaît dans des visioconférences qu’il a faite avec Hélène. L'inventeur, Josselin, est un cinquantenaire très musclé, le torse couvert de tatouage. Malgré son scepticisme, Hugo fait tout de même des recherches sur le sujet durant le reste de la nuit.

Le lendemain soir, comme tous les mercredis, Aurore se rends à la Fourmi pour dîner et passer la soirée avec Hugo. Elle le retrouve au cybercafé, fatigué, travaillant sur quelque chose qu'elle ne comprend pas.

Tandis qu'ils montent ensemble dans son appartement, Hugo lui dit qu'il aura besoin de ses services. Arrivé chez lui, elle voit le masque de métal qu'il a créé. Elle ne le trouve pas beau, mais impressionnant.

Ensuite, Hugo dit à Aurore qu'il a besoin de son intuition pour savoir ce qu'elle pense des vidéos de Josselin.

Après avoir vue celle-ci et analysé ses tatouages (dont un triskèle en entrelacement, inscrit dans un cercle au niveau de son coeur), Aurore lui dit qu'à son avis il est digne de confiance.

Hugo lui explique alors qu'il s'agit d'un chercheur ayant travaillé au Projet ITER à Cadarache, avant la Crise, avant de devenir indépendant. Il décrit aussi la proposition d’Arthuro : cet inventeur a peur d'être rattrapé par les renseignements généraux français, et se cache donc dans une communauté.

Aussi, Hugo devrait utiliser le service du courrier des communautés, un système compliqué garantissant l'intraçabilité entre l'origine et la destination. Cela implique de voyager de communautés en communautés sans connaître la destination finale, en transportant une contremarque dont le contenu est connu du destinataire (en l'occurrence, un paquet de la taille d'un livre de poche, que Josselin a préalablement envoyé à Arthuro).

Mais de toute façon selon Hugo, Josselin est un escroc qu'il soupçonne de proposer son invention à la Fédération, avec ce plan alambiqué, à seule fin que les renseignement généraux s'y intéressent et finissent par la lui acheter.

Malgré cela, Aurore, enthousiaste, tente de convaincre Hugo d'accepter cette proposition : cela leur permettrait de faire un voyage ensemble. De plus, elle pourrait acquérir de l'expérience sur le terrain en rapport avec ses études d'ethnologie.

Hugo utilise alors un logiciel de carte heuristique avec lequel il énumère les arguments contre cette idée : il ne peut pas se déplacer à cause de son dos, il ne croit pas à la fusion froide, etc. Manipulant littéralement les pensées d’Hugo en déplaçant ses arguments sur la carte, Aurore les réinterprète pour en faire des arguments en faveur de ce voyage. Par exemple, la marche pourrait s'avérer meilleure pour son dos que le travail statique à la Forge, etc.

Finalement, Hugo accepte ses propositions - mais n'envisage pas encore d'amener Aurore avec lui, d'autant qu'elle s'est engagée auprès de son groupe de rêveur à mener à bien son expérience sur le rêve lucide. Ce n’est qu’après avoir accepté qu’Hugo lui dit aussi, comme un détail, que cela leur permettrait de procéder à un test de paternité fiable – ce qu’Aurore n’a jamais souhaité faire, mais elle n’en fait pas état à Hugo. En effet elle a l’impression que quelle que soit l’issue de ce test, négatif ou positif, il aura des conséquences sur leur relation.

Comprenant que son acceptation est soumise à la réussite de son expérience, Aurore la mène à bien dès la première nuit. D'ailleurs, ce rêve est étrange. Elle s'y voit dans le rôle d'une espionne genre Mata-Hari, rencontrant Josselin sur une île.

Le lendemain Hugo en parle avec Marc, puis va voir Arthuro pour lui dire qu'il accepte, à une seule condition : qu'il convainc l'inventeur d'accepter qu'Aurore l'accompagne.

Pendant ce temps, Aurore décrit l'organisation de La Fourmi, s'interroge sur la notion de temps de travail, et commence à organiser le voyage à l'aide de quelques membres de la communauté.

Un jour, ils ont une visioconférence avec Josselin. Hugo le provoque en le traitant d'escroc, ce à quoi l'inventeur rétorque qu'il est impatient qu'ils se rencontrent, pour lui prouver qu'il a tort. Hélène, qui a assisté à la visioconférence, bouillonnante de rage, reproche à Hugo d'avoir braqué Josselin. Hugo explique que ce n'est pas le cas, et qu'au contraire, la conversation s'est très bien déroulée.

La semaine commence avec une nouvelle rotation pour Hugo : il a passé plus de deux mois à la Forge, et doit donc travailler dans un autre atelier, à choisir parmi trois propositions. Il se trouve qu'Hélène travaille en ce moment à l'atelier Couture, ce qui lui permet de mettre ce temps à contribution pour qu'elle lui enseigne des bases en physique nucléaire. Alors qu'ils se détestaient, ils finissent, non pas s'apprécier mutuellement, mais par se respecter.

Aurore les rencontre un jour pour leur dire où elle en est de la préparation du voyage, montre à Hugo la liste des contenus de leurs sacs respectifs. Elle a peur qu’il ne soit pas d'accord, mais finalement il lui dit qu'elle n'aurait pas pu mieux se préparer. En revanche, Aurore a besoin de chaussures de marche, à la place de ses bottines à talons hauts.

Ils vont donc voir un ancien militaire possédant un simulateur de marche avec réalité virtuelle, pour lui fabriquer des chaussures sur mesure. Aurore, par défi, marche sur le tapis roulant bien plus longtemps qu'il n'est nécessaire pour recueillir les données utiles à la fabrication de ses chaussures - pendant plus de cinq heures.

Enfin vient la veille de leur départ, un dimanche. Ils passent la journée ensemble, assistent à une exposition sur les mouvements révolutionnaires d'avant la Crise, d’Anonymous au Amazones, en passant par les Indignés et NuitDebout. Alba, une camarade de classe d'Aurore qu’Hugo a déjà rencontré et qu'il apprécie, les rejoints. Celle-ci, fille d'un riche industriel, lui donne un numéro de compte en banque en cas de problème.

Une fois sortis de l'exposition, Aurore et Hugo vont dans un restaurant qu'appréciait beaucoup la mère d'Aurore, lorsqu'elle sortait avec Hugo. C'est la première fois qu’Hugo parle d'elle sans que ce soit négatif. Aurore lui demande ce qu'il a pensé de l'exposition, étant donné que ces mouvements révolutionnaires sont l'embryon dont est issu les communautés qui parsèment la France tandis que le reste de la population a préféré voter pour des mouvements plus autoritaires ; Hugo a plutôt l'impression que c'était un brouillon, une idée venue trop tôt, une branche disparue de l'évolution, par rapport à ce qui a été développé par la suite.

En rentrant à La Fourmi, ils croisent Marc qui leur donne à chacun un cadeau : pour Hugo, un couteau papillon en titane, invisible lorsqu'il est inséré dans son corset orthopédique au niveau de sa nuque, et pour Aurore, un pendentif qui, une fois brisé, révèle une lame en obsidienne, plus tranchante qu'une lame de rasoir.

Aurore et Hugo passent leur dernière nuit dans son appartement, à regarder un film. Alors qu’Hugo est endormi, Aurore médite sur le monde, et sa place dans celui-ci, tout en pensant à ce qui l'attendra le lendemain.

vendredi 20 mars 2015

Les dragons stochastiques : un projet de roman de SF.

A l'occasion de l'éclipse partielle du 20 mars 2015, et suite à quelques discussions sur Twitter, je publie les éléments d'un projet de roman.


Tout a commencé avec une discussion sur Twitter :




J'ai alors pensé à cette citation :

Délire laborieux et appauvrissant que de composer de vastes livres, de développer en cinq cents pages une idée que l’on peut très bien exposer oralement en quelques minutes. Mieux vaut feindre que ces livres existent déjà, et en offrir un résumé, un commentaire.

Jorge Luis Borges Fictions, le jardin aux sentiers qui bifurquent, prologue.

C'est censé. Pourquoi écrire des pavés indigestes à notre époque où ce qui se conçoit bien se doit d'être énoncé en moins de 140 caractères ?

Voici pourquoi avant d'écrire ce roman, je me suis attelé à en créer la couverture, le titre et le résumé de la quatrième de couverture. Les voici :


Quatrième de couverture :

"Le futur. Dans une France revenue aux capacités énergétiques des années 50 suite à la Grande Crise, avec cependant des restes disparates des technologies d'avant, où un gouvernement autoritaire s'efforce tant bien que mal de maintenir l'ordre.

Hugo, ancien cadre d'entreprise qui a su s'adapter à ce monde, habite un des phalanstères auto-gérés qui parsèment le monde en dehors du système précaire en place, dans un Paris à moitié en ruine où il a retrouvé par hasard Aurore, la fille d'un de ses amours passagers dans le Monde d'Avant. Un jour, l'Assemblée Générale du phalanstère lui donne pour mission de retrouver un inventeur qui affirme avoir découvert le secret de la Fusion Froide, ce qui pourrait radicalement changer les choses.

Aurore le convainc d'accepter cette mission malgré son scepticisme, et de l'accompagner afin de rédiger un mémoire dans le cadre de ses études en sociologie.

Débute alors un voyage à travers des paysages subissant des phénomènes météorologiques étranges, conséquences des changements climatiques, où ils découvriront des communautés s'étant chacune adaptée à la Grande Crise en adoptant des modes de vies, des philosophies, des convictions et des préférences techniques toutes différentes, allant du rationnel à l'absurde, et au cours duquel ils apprendront à se connaître".

La trame est tisée ; le résumé (très) détaillé (une vingtaine de pages) est presque prêt à être publié, et j'ai déjà suffisamment écrit de ce roman pour en produire des extraits.

De plus, l'idée d'avoir une oeuvre que pourraient s'approprier les lecteurs pour en produire une version personnelle m'intéresse : il y a ici des personnages assez archéypaux (jeune / vieux, masculin / féminin, technique / littéraire, etc.) pour que chacun puisse s'y identifier, ou en modifier les caractères, et un principe proche du road movie : les fans-fictionners pourraient faire voyager les héros dans des communautés de leurs créations.